dimanche 15 octobre 2017

extrait inédit n°2 - Émilie Notard, Der Himmel über

Ich kann nicht fliegen mit den Dingern. 
Aber nicht mit diesen Hühnerfedern.“,*
pense la goldelse** sur son trapèze
en imaginant ce que seront
demain les ruines d’autrefois
puis sa voix
elle déploie
d’aile en aile du
désir à en devenir
der himmel über berlin***
à jouer aux quilles
avec les clochers
à la toupie
avec la fernseh'tourne****
à la marelle
d’allées s’en aller
en chantonnant à sautillons
Als das Kind Kind war,
ging es mit hängenden Armen,
wollte der Bach sei ein Fluß,
der Fluß sei ein Strom,
und diese Pfütze das Meer.
“ *****

*  « Je ne peux pas voler avec ces machins. Non pas avec ces plumes de poulet. »  (Pensées de Marion, trapéziste dans le film Les ailes du désir)
** L’else d’or, nom donné à la statue de la colonne de la victoire.
*** Les ailes du désir, Wim Wenders (1987).
**** Jeu de sonorités avec le mot « Fernsehturm » désignant la tour de télévision berlinoise.
***** Première strophe du poème « Chanson sur l'enfance » de Peter Handke:
« Quand l’enfant était enfant
il allait les bras ballants,
voulait que le ruisseau soit un fleuve,
que le fleuve soit un torrent,
et cette flaque la mer. »

©Émilie Notard, poème
contribution inédite, 2017