lundi 26 juin 2017

cadran terrestre n°16 : "Une richesse infinie, pensai-je, me tendait les bras. Un millier de thèmes dans une fleur de pommier..."

(...)
Endless wealth,
I thought,
held out its arms to me.
A thousand topics
in an apple blossom.
The generous earth itself
gave us life.
The whole world
became my garden !
But the sea
which no one tends
is also a garden
when the sun strikes it
and the waves
are wakened.
I have seen it
and so have you
when it puts all flowers
to shame.
Too, there are the starfish
stiffened by the sun
and other sea wrack
and weeds. We knew that
along with the rest of it
for we were born by the sea,
knew its rose hedges
to the very water’s brink.
There the pink mallow grows
and in their season
strawberries
and there, later,
we went to gather
the wild plum.
I cannot say
that I have gone to hell
for your love
but often
found myself there
in your pursuit.

*

(…)
Une richesse infinie,
pensai-je,
me tendait les bras.
Un millier de thèmes
dans une fleur de pommier.
La terre, en sa prodigalité,
Ne nous refusait rien.
Le monde entier
devint mon jardin !
Mais la mer
que nul n’entretient
est aussi un jardin
quand le soleil la frappe
et que ses vagues
s’éveillent.
Je l’ai vue
comme tu l’as vue
faire honte
à toutes les fleurs.
L’on trouve aussi l’étoile de mer
séchée par le soleil
et d’autres laisses marines,
des algues. Nous savions cela
comme tout le reste
car nés auprès de la mer,
nous connaissions ses haies de roses
jusqu’au bord même de l’eau.
Là poussent la mauve rose
et en leur saison
les fraises
et là, plus tard,
nous allâmes cueillir
la prune sauvage.
Je ne peux dire
que je suis allé en enfer
pour ton amour
mais souvent
m’y retrouvai
à ta poursuite.


W. C. Williams, Asphodèle
trad. Alain Pailler
p. 36-39, éd. Points

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