mardi 17 janvier 2017

Ouverture du blog

Bienvenue à tous !

Il était temps. Après déjà quatre numéros publiés, le Journal de mes Paysages (JdmP pour les intimes) se dote d'un blog personnel, pour plus de visibilité et de clarté.

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Sur ce blog, vous trouverez d'une part toutes nos actualités (appels à contributions, parutions, événements organisés autour de la revue, participations aux festivals, etc.), simplement en consultant le fil des articles. Nous nous permettrons aussi de partager des extraits des précédents numéros, et plus généralement des poèmes ou des textes, des photos, vidéos... faisant écho à notre recherche poétique.

D'autre part, plusieurs onglets à droite du fil principal, où vous pourrez trouver : 
- une brève présentation du Journal, suivi d'une page réunissant l'ensemble des éditos (dont notes de réflexion et appels à contribution) écrits depuis nos débuts (2014) et mis à jour au fil des numéros. C'est le meilleur moyen de comprendre ce qui nous a poussé à créer le Journal, et d'avoir une idée de nos aspirations, qu'il est assez difficile de réduire à une 'ligne éditoriale' bien tracée.

- un lien pour chaque numéro paru, renvoyant aux infos principales (auteurs, nombre de page, nombre d'illustrations, prix...) et à la possibilité de commander en ligne.

- la liste des hommes et des femmes qui ont participé à JdmP depuis ses débuts : une liste de ses diaristes en somme. Avec liens personnels (blog, site, tumblr, etc.) et bio si disponibles. C'est sans doute la page qui nous tient le plus à coeur !

- les archives du blog, très classiquement.

- et enfin, quelques liens vers des poètes, des sites de poésie, des éditeurs... dont nous nous sentons proches, et/ou qui ont accompagné notre naissance. Nous en ajouterons au fil de nos rencontres.

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A venir très prochainement un appel à contributions pour le numéro 5 !
Nous vous disons donc à très bientôt
et espérons que vous apprécierez la lecture de ce blog.


L'équipe JdmP

mardi 3 janvier 2017

Edito 9 - Appel à contributions JdmP4 (2016)


Chers amis, poètes, dessinateurs, photographes, curieux, humains…

Journal de mes Paysages poursuit sa démarche nomade, en route vers un quatrième numéro. Il porte avec lui une parole déracinée qui cherche toujours un terreau fertile pour croître dans le cœur des gens.

Nous faisons le pari d’une revue regroupant de singulières chroniques : à la croisée du carnet de voyage et du journal intime, du reportage et de la poésie. Faite de retours sur ce sentiment d’ailleurs qui frappe en soi, et hors de soi, lorsque le monde entre en résonance avec l’être humain. Par moments, rencontres, visions, souvenirs...

Mille et mille paysages que nous appelons de nos vœux pour former un nouvel horizon, où nous perdre encore une fois. Nous recherchons des textes/poèmes, photos, dessins, porteurs de cet ailleurs, et notamment issus de voyages réels. La date butoir est fixée au 31/08/2016.

Nous attendons avec impatience vos retours, que cela soit pour participer ou poser une question sur la revue.

Les deux précédents numéros sont toujours disponibles si intéressés :
http://plquality.fr/journal-de-mes-paysages-2/je-commande-2/

Et nos précédents éditos, en lecture ici :
http://plquality.fr/contact/

A bientôt !

Pierre & Martin pour Jdmp
journaldemespaysages@gmail.com


PS : Nous souhaitons aussi vous faire part de notre volonté de publier un auteur étranger, en bilingue ; imaginant pour la suite intégrer à chaque numéro une sorte de « portrait ».

Edito 8 - Note explicative (2016)


Note d’explication
Journal de mes Paysages, le souhait


Dans Journal de mes Paysages, le souhait fut formulé assez tôt de ne pas s’intéresser seulement à l’objet en tant que produit fini, mais de concevoir l’objet qui emmène à la rencontre des autres. L’objet et l’interaction qu’il crée avec son environnement. Un objet « navette » qui amarre en des lieux différents, accueille des textes venus des lointains ou des proches. S’il ouvre sur autre chose que le texte, laisse place aux territoires évoqués dans ses pages, invite les hommes qui les ont parcourus, c’est parce qu’il s’agit de mettre l’accent sur ce qu’il y a de généralement social, anthropologique, géographique dans ces interactions. La qualité de l’information tient au fait que sa valeur se rapporte au vécu et non seulement à la qualité des textes. Le livre compte aussi, bien sûr, plus que jamais, en raison du goût que l’éditeur y met, du travail dont il témoigne ; de sa raréfaction générale.

Il n’est pas rare cela dit, en Poésie et Voyage, que ce soit les rencontres qui assurent l’essentiel de la promotion et de la diffusion. Et si cela peut être considéré comme une voie transversale, née d’un manque de réceptivité des lecteurs et du marché du livre à l’égard de ces genres littéraires, ce n’est pas si terrible. On peut décider de s’interroger davantage sur ce qui régit la transmission de la littérature. Les points de vente des livres sont limités par des choix et des visées, mais c’est aussi avec cela que nous avons souhaité composer, et avons pu commencer. Donc, en proposant parmi la foule des petites revues, souvent référencées ou liées à de nombreux blogs, notre petit livre de couleur unie…

Un objet modeste qui malgré tout trouve rivages où être lu, où répondre, où donner dans les paysages individuels des ouvertures. Ce serait une résistance à l’individualisme, de rigueur, dérouté du réel (autant le plus ancien que le plus serein) ; parce que désirant faire bruire le quotidien actuel. Et redonner à la littérature sa fonction première, celle de faire passer. On attribue ainsi aux auteurs leur place dans une littérature où l’on a plutôt tendance à préférer les personnages, et l’imaginaire (voie plus vaste et plaisante), alors même qu’on connait assez peu nos espaces. On va dans ce propos permettre la fiction, mais avec ce recul, ce témoignage qui permet de « donner à voir ». Il s’agit de s’inscrire donc dans une dynamique de reportage sur les sujets que tout le monde peut s’approprier, des auteurs avertis et des amateurs qui se prêtent au jeu. Et si nous ne nous refusons pas à d’élégants styles, quelques mots, quelques notes sur une vue singulière du monde peuvent y tenir leur place.

Comme cela nous espérons que les rencontres, autour de ces sujets trop rares, qui sont organisées lors de la sortie des numéros, ou parfois quelques échanges lorsque le temps le permet, soient aussi une manière d’écrire et de tout simplement faire passer des données culturelles. Une manière de créer des itinéraires singuliers dans la carte culturelle francophone. Un sens à la petite édition, comme un chemin. Ce qu’on pourrait attendre d’un journal aussi. Ce que l’on attend du nôtre en tout cas.


M.W, 2016

Edito 7 - Nous voulons recevoir le monde (2016)




Nous voulons recevoir le monde. Non le visiter, le décrire ou l’appeler d’un nom propre à être entendu par tous – mais le laisser venir à nous, et nous submerger, quelle que soit notre condition ou notre parcours. Une pierre engloutissant un être –
Cette pierre est un visage taillé par les événements ; mais quelque chose, d’ici, nous échappe, lorsque nous le regardons attentivement, sans réserve – une impression aussi fugace et vive qu’elle semble remonter à un âge préhistorique, à l’art pariétal. Un signe qui se perpétue sans rien perdre de son mystère, car un regard le redécouvre toujours.
Nous ne prétendons pas donner une légende à ce visage. C’est un nuage, qui part sitôt qu’il nous a étonnés par sa forme –

Descendons maintenant dans une ville, par ses lézardes, ses failles, ses histoires d’amour. Qu’elle revête le masque de la courtisane ou le métal du robot, elle crie notre amitié au passant attentif, à celui ou celle qui a tendu une oreille réceptive ; puis cèle notre solitude, l’instant d’après.
Qu’elle vienne à s’embraser ou à s’éteindre, c’est en traversant nos corps, les corps de nos proches, comme un météore trouant les nuages, venu nous donner des nouvelles du plus lointain cosmos –
Nous voulons donner à lire ce passage –


« Paysages miraculés de l’ère des dieux,
Paysages glacés de l’ère digitale.
Mon œil s’allonge à l’horizon
Et embrasse le doute avec la pensée.
Il est clair, calme, d’habiter ici
Un jour où l’écrire nous est permis. »


P.S, 2016

Edito 6 - Appel à contributions Jdmp3 (2015)



Chers amis, poètes, dessinateurs, photographes, curieux, humains…


Après deux premières moutures riches tant par leur contenu que par les liens tissés avec ses participants et ses lecteurs, le Journal de mes Paysages revient en cette rentrée pour lancer officiellement un nouvel appel à contributions.

Nous poursuivons ce travail créatif et éditorial sur sa voie (ou voix) propre, à savoir celle du cosmoréalisme. Toujours en quête d’une poésie emprunte de réalisme, mêlant expériences intimes et ouverture au monde, notre revue ouvre ses pages à tous ceux et toutes celles souhaitant rendre compte des paysages qui les traversent et leur donnent la sensation d’être humain, simplement, mais profondément aussi, dans ce monde qui est notre terrain d’existence. Nous plaçons ce réalisme-là au-dessus de l’imaginaire, qu’il soit personnel ou plus social.

Nous avons conscience que l’idée reste large, vague aussi : mais c’est ce qui lui permet d’être féconde et de rassembler des hommes et des femmes de tous horizons. Il y a bien sûr un travail d’édition qui vient donner une assise à l’ensemble, et qui est sans doute la part la plus plaisante de notre projet.

Un paysage n’est jamais figé, il vit parce qu’on le foule, qu’on le goûte, qu’on le regarde. Imprégnez-vous de ce qui vous entoure dans votre vie quotidienne : objets, lieux, visages, souvenirs… et envoyez-nous votre reportage, que ce soit sous forme de poème, de prose, de notes, de photo, de dessin, de collage…

Pour tout envoi, pour toute demande, un mail : journaldemespaysages@gmail.com
Et pour lire nos précédents éditos, c’est ici :
http://plquality.fr/journal-de-mes-paysages/

A très bientôt, nous l’espérons !

Pierre Saunier et Martin Wable, envoyés spéciaux de Jdmp sur Terre

Edito 5 - Contributeurs, la consigne (2014)



CONTRIBUTEURS:
RESSERRONS LA CONSIGNE

Par rapport à des premiers envois, il est nécessaire de repréciser un peu:

1/ Dans l'Idée d'un REPORTAGE, il est nécessaire de PARLER DE VOUS-MÊME et de votre POSITION dans le MONDE. Il est mieux de parler en votre NOM. VOTRE NOM nous intéresse. Il nous intéresse lorsqu'il se heurte au "KOINOS", lorsque conscience est prise du PRIVILÈGE de chacun d'être au PREMIER PLAN de la vie.
-------voilà déjà une chose-------il s'agit de vous-----le "vous" comme localité--------

2/ LE PREMIER PLAN de chaque vie humaine, comme la première place au CINÉMA, on ne peut le DÉROBER car on ne peut se dérober à soi-même, CE PREMIER PLAN doit-être l'objet de votre REPORTAGE, de votre INVESTIGATION. IL est le BIEN le plus PRÉCIEUX.
-------seconde chose---- : à partie de "vous" ---- recherchez... aidez-vous de support visuel par exemple----

3/ Prenez CONSCIENCE de l'infinité de ce premier-plan au-delà des limites, qui N'ATTEND que VOUS. DANS LE PAYSAGE photographié par Benjamin ci-dessus se trouve BIEN PLUS qu'une plaine normande et son immeuble. C'EST le POINT DE DÉPART d'une Lecture, d'un parcours dans un environnement réel et pourtant dont seulement soi-même devenu nomade peut-être l'interprète.

Voilà-tout!

Si des contributeurs sont fervents de métaphysique, précisons encore:
INTERPRÉTEZ vous-même le réel qui vous est donné. INTERPRÉTEZ-LE comme si c'était votre "représentation", car c'est peut-être vous, cette montagne, cette route, ce visage étranger auquel vous assistez!

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La photo de Benjamin Girard, jointe à cet édito :




Edito 4 - Un petit pas de côté... (2014)


Un petit pas de côté, seulement…

Un paysage ça bouge, ça n’est jamais le même et pourtant, on peut dire : c’est la mer où j’allais me baigner enfant, c’est la maison que j’habitais, le petit square où je bois, la ville qui m’a vu devenir poète ; une suite de paysages comme autant de pages d'un journal intime.

Mais en reculant de quelques pas, on n’est plus si sûr de ce qu’on a vu, précisément, de ce qu’on a vécu, des signes tracés sur la page ; le paysage est un souvenir où poussent les ombres et, parmi elles, dans les interstices, plus discrètement, plus lentement, d’infimes détails qui nous convoquent à nouveau, qui nous rappellent à ces lieux, à ces êtres que nous croyions posséder ou, du moins, connaître. Et ces détails, ils nous frappent par leur étrangeté, comme au coin d’une fenêtre, dans la salle d’étude, un soudain angle de lumière éclaire le coude tout rond du voisin : on croyait le connaître, celui-là, on ne l’imaginait pas comme ça, nous révélant sans le savoir un peu de sa nature humaine.

Il nous faut aller à la rencontre de nos paysages, avant que nous ne perdions définitivement la vue humaine du cosmos. L’idée de cultiver ce jardin ensemble me semble être un projet louable. Croire en cette culture plutôt qu’en rien. Reporters à la solde de nous-mêmes, interrogeant nos illusions, nos faiblesses, les signes à demi-effacés du passé, persistant dans le présent. Entendre plutôt que condamner. Consigner de peur que le tambour s’arrête ; plutôt que de signer l’adieu en bas à droite d’un paysage trop net. Dire bonjour, même de très loin, pour changer.

Il ne s’agit pas d’en faire trop. La poésie, le dessin, la musique, ne sont que des médiums, après tout. Tu peux jeter les éclairs qui ont traversé ta jeunesse, car quand l’orage gronde impossible de s’entendre. Beaucoup de nous-mêmes est déjà parti sans que nous l’ayons sauvegardé de la disparition. A quoi bon faire des poèmes qui rebondiront sur le dos du lecteur, qui lui fendront le crâne en deux ? Un petit pas de côté seulement, pour qu’il n’y ait pas méprise sur notre intention première : tisser le fil d’un dialogue où l’illusoire moi de chacun n’annule pas le reste du monde. Plus de prétention à la Vérité, à la Beauté, à Dieu – plus de prétention poétique, de Mouvement – mais un report minimaliste de quelques expériences, resserré sur ce qui les rend humaines. Un journal collectif qui tente de recueillir quelques traces de notre intime passage sur Terre.

P.S.

Edito 3 - EditoREPORTAGE (2014)

La mémoire et les souvenirs ne sont pas absents, l’imagination non plus, ils viennent à notre rencontre, et pourtant, nous les traversons sans nous y perdre. Car être peu est aussi la condition, on se suffit d’être homme. Si la question se pose : est-ce qu’on est humanistes ? Il suffit que nous en discutions et que rien n’excède le sujet. Ça devra s’arrêter là car nous n’en voulons pas plus, personne n’en veut plus. En cela ce n’est pas une profession pour nous, c’est un passe-temps. Raisonnablement il faut que du temps nous en disposions. Ça en sollicite autant que celui d'un métier, mais ce n’en est pas un, nul en est besoin, ça nous plaît à cet état : cultiver ce jardin et en faire nos rapports.

 Question de grandeur ou d’amour, notre passion fait parfois de ce jardin un vaste pays, alors il vaut peut-être le coup que nous croyions en quelque chose. Nous parlons peu finalement, ou du moins ce n’est pas notre spécialité, nous faisons des reportages, interrogeons un tel et suivons son parcours, nous nous interrogeons nous-mêmes, et généralement ça passe par un peu de rêveries, un peu d’illusions aussi.

Assez vaguement je dois dire qu’on sait assez peu ce qui est possible. J’ai l’un de mes amis, car je parle désormais en mon nom, qui photographie le monde, il l’écrit, il le filme et je partage avec lui ces « illusions ». Un jour, il m’a dit au sujet de son collègue, qui avait un parcours peu ordinaire : « mais il écoute, on voit bien dans les yeux il a deux petites brindilles qui flambent ». Je trouve qu’il n’y a rien d’aussi beau chez un homme que de dire : il perçoit, il entend ; il est peut-être loin à présent, mais son dos ne nous méprisera jamais, même pour un adieu. C’est pourtant un simple dialogue.

Il y a un profond silence aux rives de nos vies, qui est comme un chemin à la résurgence du passé dans le présent, et à la teinte qu’il produit sur l’actuel paysage. C’est un mouvement dissout, en lequel nous sommes dissout, et qui est cette part intime et fondamentale de notre commune sensibilité. Ce qui est certain, c’est que sans un peu de mélancolie, une mélancolie même pour un temps futur, pour notre espèce, nous n’aurions pas eu l’idée de nous tourner « les uns vers les autres », que ce soit un bref instant. Qu’il nous suffise aussi d’être vaguement définis, donc, pourvu que chacun puisse parler avec ce retrait réaliste, comme une vacance, ou une courte pause, presque comme un ami.

 D'après une proposition de Martin Wable, 2014.